*The Ramones

Tout a commencé quand un midi Johnny Ramone (alias John Cummings) et Dee Dee Ramone (alias Douglas Colvin) décident d’aller s’acheter une guitare et une basse pour 50 dollars chacune. Ils aiment la musique violente et les groupes pop des années 60 comme les Bay City Rollers. Johnny a choisi comme instrument une Mosrite. Si le choix résulta plus de critères économiques cela allait avoir des conséquences importantes pour le son du groupe. Les Mosrites étaient des guitares utilisées dans la surf musique au son clair et agressif. A l’époque, elles étaient passées de mode aux profits des guitares à double micro comme les Gibson qui permettaient d’avoir le son hard-rock du moment. Non seulement ce choix donnait une partie de son identité sonore au groupe mais établissait un lien avec les groupes des années 60 qu’ils chérissaient.

Ramones

Ils se mettent à répéter avec leur ami Joey Ramone (alias Jeff Hyman) à la batterie. Jeff a déjà chanté dans un groupe de glam rock appelé Sniper. Si au départ Cummings ne l’aime pas car il est habillé en hippie (et le futur Johnny Ramone n’aime pas les hippies, dans son amour pour tout ce qui est violent et malsain, il préfère Charles Manson. Comme le montre l’un des vers de « Glad to see you go » sur leur deuxième album : « And in a moment of passion get the glory like Charles Manson » ). Mais Joey a fait de l’hôpital psychiatrique et c’est ce qui le rend fréquentable. Il est aussi du genre à faire de la peinture avec des bouts de légumes et c’est un compagnon de boisson de Dee Dee.

Au départ c’est Dee Dee le chanteur mais il laisse rapidement le micro à Joey car celui ci se souvient des paroles. Tommy Ramone (alias Tamas Erdelyi) le gérant du studio de répétition passe alors à la batterie. Au moment de trouver un nom, Dee Dee se souvient que Paul Mc Cartney au début des Beatles prenait le pseudonyme de Paul Ramon dans les hôtels où le groupe de Liverpool descendait. Aussitôt chaque membre du groupe adopte le patronyme. Le gang des faux frères était né.

Ramones-live

A force de répétitions et de concerts au CBGB les Ramones acquièrent une certaine notoriété. Ils deviennent même la coqueluche de la scène new-yorkaise. Leur musique est novatrice et rompt avec celle des autres groupes de l’époque. Comme ils n’arrivent pas à reprendre les groupes 60’s dont ils sont fans ils écrivent leurs propres chansons. Celles ci sont très rapides et très courtes, certaines font moins d’une minute et les solos de guitare en sont absents. Les paroles sont volontairement débiles et négatives avec des slogans comme « Hey Ho Let’s Go », « Gabba Gabba Hey ». Plein de leurs titres commencent par « I don’t wanna… » et leur seule chanson positive est « Now I wanna sniff some glue ». Les Ramones sont en train de créer le punk rock.

Johnny Ramone s’impose comme le patron et impose au groupe une discipline de fer et le port d’un uniforme: coupe au bol, t-shirt, perfecto, jeans déchirés au genou et converse qui permettent aux fans de s’identifier facilement au look de leur héros. Il n’aime pas non plus les groupes qui se regardent durant leur set. Cela ne sera jamais le cas des Ramones. Ils jouent pour leur public.

Ramones

A l’automne 1975 les Ramones sont le premier groupe punk-rock à être signé sur une major, Sire Records. L’album Ramones sort en juillet 1976 et malgré de bonnes critiques ne se vend pas énormément. Alors le groupe tourne, ne quittant leur camion que pour enregistrer un nouvel album. Le groupe joue pour la première fois en Angleterre en juillet 1976. Ils n’ont jamais eu autant de public. Dans la salle les membres des Sex Pistols et des Clash sont fortement impressionnés. Ces derniers suivront le conseil des Ramones : ne pas attendre de savoir jouer pour se lancer.

Incapable de tenir le rythme effréné des tournées Tommy Ramone quitte le groupe en 1978 mais on le retrouve à la production sur les albums Road to ruin et Too tough to die.

Si Les Ramones ont vu leur musique reconnue, ils n’ont pour l’instant jamais eu de hit. En plus une partie de la critique leur reproche leur crétinisme revendiqué quand les groupes anglais dénoncent la société avec leurs paroles revendicatrices. Mais les Ramones se sont construits contre les groupes hippies qui voulaient changer le monde et revendiquent un retour à l’esprit fun du rock and roll originel des années 50. On peut comparer leur « Gabba gabba hey » à « a wop bop a loo bop a lop bam boom » qui ouvre le classique « Tutti Frutti » de Little Richard. Dans leurs paroles le gang new yorkais parlait de son quotidien fait de frustration de drogues d’aliénation et d’ennui.

  Alors histoire de se rapprocher du succès et s’inspirant peut être d’Elvis et des Beatles ils tournent alors dans le film Rock n Roll Highschool réalisé par un spécialiste de la série B, Roger Corman. Parallèlement ils enregistrent avec le producteur Phil Spector End of the Century. Une expérience mitigée même si ça sera leur meilleur classement dans les charts.

 

Les heures glorieuses sont bel et bien révolues et le groupe est handicapé par les problèmes personnels. Après  Subterranean Jungle , Marky est viré pour alcoolisme et est remplacé par Richie Ramone (alias Richie Beau ex Velveteens). Dee Dee de plus en plus marqué par ses problèmes de drogues fait de réguliers séjours en psychothérapie. Les rapports entre les faux frères sont désastreux. Dans leur camion en tournée chacun a son compartiment et tous évitent de se croiser en dehors du moment où il faut monter sur scène. Le meilleur album de ces années noires est surement Too tough to die  où l’on trouve à la fois des morceaux sonnant comme une réponse au mouvement hardcore émergeant mais aussi la chanson « Howling at the Moon (Sha-La-La) » produit par Dave Stewart d’Eurythmics.

Bientôt Dee Dee, le Ramone le plus ingérable, est lessivé par son mode de vie et décide de jeter l’éponge. Il enregistre alors un album rap sous le nom de Dee Dee King. Auteur d’une grande majorité des chansons du groupe il continuera de composer pour les Ramones après son départ. Son remplaçant C. J. Ramone (alias Christopher Joseph Ward) plus jeune, plein d’enthousiasme apporte un nouveau dynamisme.

Cela se ressentira surtout en concert. Si le groupe ne sort pas de nouveaux chefs d’œuvres dans les années 90, ils sont maintenant reconnus et respectés. Avec l’émergence du punk californien d’ Offspring, Rancid et Green Day et du grunge de Nirvana et Pearl Jam les groupes à la mode revendiquent une filiation avec le groupe new-yorkais. Et les Ramones font même une apparition dans la série animée The Simpsons.

Continuant les tournées mais cette fois ci sold-out le groupe se fait plaisir avec un album composé uniquement de reprises  Acid Eaters  avant de tirer sa révérence avec un dernier album studio Adios Amigos!  et un dernier live We’re Outta Here!

Joey Ramone qui était le membre du groupe le plus ouvert par rapport au reste de la scène punk rock, toujours prêt à donner un coup de main ou des conseils, enregistrera un album solo malgré son cancer de la gorge. On retrouve dessus Marky. Un beau témoignage d’optimisme et de combattivité malgré la maladie car il s’intitule Don’t Worry About Mme  et on retrouve notamment une version punk rock du classique de Louis Amstrong « What a Wonderful World ».

Et si les Ramones de leur vivant n’ont jamais eu de tubes comme ils l’espéraient ils ont marqué de nombreux groupes ces trente dernières années. Certains d’entre eux de véritables copies conformes, comme The Queers ou Screeching Weasel, leur ont rendu hommage en reprenant des albums entiers.

Copyright 2014 Music Story Philippe Goguely

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